Avec l'honneur que me fait mon frangin de mettre dans son anthologie sur l'enfance à rendre à la prof de français, de prendre un de mes poèmes, je me permet de vous rééditer le-dit poème:

Guerre d’enfants

Le long des coteaux enneigés

Je me trouve soudain engagé

Dans une sauvage guerre civile

Entre les mains blanches de la ville

Et les sabots des villageois.

Le sang sur la neige rougeoie

Comme un couchant sous les tropiques

Soudain pourfendu par un pic

Qui se dressait là par hasard.

Mais dans les troupes point de hussard,

Point de tambour, point de cheval,

Seulement quelques gosses en cavale.

Mais que fusent les projectiles

Lancés par des mains malhabiles.

Sur chaque fronts plusieurs blessés

Jettent la neige par brassées,

Couchés sur le tapis mouillé

Dont leurs faces sont barbouillées.

Les chefs crient pour mener leurs troupes ;

Vivement l’heure de la soupe :

Les vêtements alourdis par l’eau

Pourront se reposer au chaud.

La rage de vaincre les fait marcher

Car leur honneur est en danger.

Ils crient pour reprendre courage ;

Ils n’ont encore que dix ans d’âge.

Ils ont la force de leurs pères

Qui eux souffrent à la vraie guerre.

Ils voudraient tant les y rejoindre ;

Je sens en eux la haine poindre.

Ils ne savent pas ce que c’est,

Ces innocents petits Poucets…