J’aurais voulu te dire que je t’ai pardonné,

Que c’étai du passé, mais tout ça n’est pas vrai.

J’aurais voulu savoir ce qui poussait ton geste,

Mais je ne le puis pas tant que je te déteste.

Si tu pouvais cesser d’hanter tant de mes rêves,

Que j’arrêtais un peu d’espérer que tu crèves,

Je pourrais simplement t’écrire une courte lettre,

Te dire qu’avec le temps j’arrive à me remettre.

 Cela fait bien des mois que l’on ne se voit plus,

Car j’ai brisé ta vie en contant ta bévue,

Comme tu brisa la mienne en ce soir de Novembre,

Par cet acte maudit au fond de cette chambre.

 Depuis nos souvenirs m’ont sans cesse assaillie,

Images insupportables et douleurs en fouillis.

Parfois j’ai cru tout perdre, j’ai même voulu partir ;

J’ai vécu un calvaire pour éviter le pire.

Prisonnière dans le noir, j’étouffais, enchainée,

Comme tu m’avais laissée, avec mon cœur blessé.

L’enfance et l’innocence, deux de mes grandes amies,

Sont mortes sur le coup, leur empire s’est détruit.

 Des mains se sont tendues pour que je me relève,

J’ai cherché dans leurs yeux des débris de mes rêves.

Tout s’était envolé mais grâce à leur amour,

J’ai reconstruit mon âme, retrouvé ma bravoure.

 Pourtant au fond de moi il manquait l’essentiel :

Dans mes transports de haine, j’en ai voulu au Ciel.

C’est seulement il y a peu que j’ai eu Son pardon ;

Pour toi j’ai demandé aussi l’absolution :

Là où manque mon amour, prend celui de mon Dieu ;

Attendant mon pardon, je te fais mes adieux.