Mon portrait chinois

Si j’étais un animal, je serais : l’homme, avec ses défauts et qualités, capable du pire comme du meilleur.

Si j’étais une fleur, je serais : une pâquerette, fragile et éphémère.

Si j’étais un  plat, je serais : un pot-au-feu, plat riche pour les pauvres, goûteux mais que tout le monde n’apprécie pas.

Si j’étais un monument, je serais : une petite église de campagne, secrète, cachée, discrète, à l’extérieur sobrement décoré et à l’intérieur riche, mais bien connue des gens qui y vont.

Si j’étais un feu, je me présenterais comme : la flamme vacillante d’une bougie, vite soufflée, malmenée par les vents, mais ravivée d’un souffle léger et ô combien brûlante, surtout quand on la protège.

Si j’étais un personnage célèbre, je serais : Victor Hugo, prêt à tout pour défendre ses idées.

Si j’étais un sentiment négatif, je serais : le désespoir, l’impression de n’arriver à rien, le vent qui maltraite la flamme de la bougie.

Si j’étais un sentiment positif, je serais : l’envie d’aller jusqu’au bout malgré le danger, la force de le faire envers et contre tout et tous.

Si j’étais l’un des quatre éléments, je serais : la terre, friable ou sèche, dure ou molle, celle qui soutient les pas et celle qui se défait sous les pieds ; une terre qui change en surface mais pas en profondeur, et dont on n’a pas fini de découvrir les secrets.

Si j’étais une route, je serais : une trace parfois si pâle que l’on croit l’avoir perdue, mais qui réapparaît toujours, une trace qui va on ne sait où, mais qui y arrivera forcement.

Si j’étais une phrase, je dirais : « je t’aime », parce que les hommes sont tous égaux et que si j’en aime un, alors je me dois (et me fais un plaisir) d’essayer de tous les aimer.

Si j’étais un rêve, je serais : celui de l’amour éternel et sans faille, celui qui éteindrait le mal et ferait que toute main serait toujours étreinte par une autre.

Si j’étais une qualité, je serais : la miséricorde, le pardon de chacun des affronts qui m’ont été fait.

Si j’étais un défaut, je serais : la gourmandise, l’envie d’avoir toujours plus, sans pouvoir me contenter de ce que j’ai déjà ou la timidité, le besoin de se cacher du regard des autres, par peur d’eux et un peu de moi.

Si j’étais un personnage de fiction, je serais : Perrin, dans « Le jaguar », fort d’être faible, uniquement poussé par la nécessité, naïf, pas toujours facile, qui en a beaucoup à apprendre sur lui-même…

    Et je suis moi, c'est-à-dire un peu de tout cela, peut-être plus, peut-être moins. Mais que voulez-vous, « on ne change pas, on ne cache qu’un instant de soi… ».